•  

    FAUT-IL VRAIMENT EN FINIR AVEC LE CAPITALISME ?C'est une des initiatrices de l'opération
    BANKRUN2010 qui vous pose la question.


    Lors de ces semaines folles qui ont suivi l'invitation
    que YANN SARFATI et moi avions lancée au public
    d'aller retirer 
    notre argent de nos comptes en banque
    le 7 décembre 2010 et tandis que des dizaines de
    milliers de personnes avaient
    répondu à notre appel
    sur la page de
    l'événement Facebook, j'ai reçu des
    coups de téléphone 
    de dizaines de journalistes de 
    nombreux pays, d
    ont ceux d'un journaliste du Wall
    Street Journal (Max Colchester) qui m'a demandé:
    - Est-ce que vous êtes communiste? 

    Etonnée, j'ai répondu: "Moi communiste? 
    Mais non enfin!  Quelle idée! Qu'est-ce qui vous fait
    penser une chose pareille?"

    - Mais vous êtes contre le capitalisme, n'est-ce pas?'

    - Ah non pas du tout, lui dis-je. Je n'ai rien contre le capitalisme, au contraire. Ce n'est pas cela que je
    dénonce dans notre appel. Le capitalisme n'a rien à
    voir avec ce que nous dénonçons.

    Le capitalisme n'est pas responsable de ce que nos élites politiques font, ne font pas ou ne font plus en son nom.
    Le capitalisme ne consiste pas à confier le droit régalien de battre monnaie à des cartels de banquiers privés qui créent de l'argent ex-nihilo contre des intérêts qui génèrent une dette publique exponentielle obligeant les Etats à privatiser leurs services publics, à délocaliser les emplois.
    Il ne consiste pas à convertir nos emprunts auprès des banques en actifs plutôt qu'en passifs dans leurs bilans.
    Le capitalisme n'a jamais consisté à déclarer des guerres sous de faux prétextes pour détrôner des chefs d'état dont la politique ne sert pas nos intérêts pour mettre ces pays à feu et à sang, pour s'approprier leurs ressources ou les marchés de reconstruction de ces états, préalablement endettés par le FMI ou la Banque Mondiale de manière irrémédiable.
    Le capitalisme n'a jamais consisté à équiper les Bourses d'ordinateurs ultra-sophistiqués qui opèrent des transactions dans la nanoseconde, il n'a jamais consisté à ce que des (ir)responsables politiques dépendent des grandes institutions bancaires pour financer leurs campagnes ce qui fait d'eux leurs obligés.  
    Le capitalisme n'a jamais consisté à renflouer des banques "trop grosses pour tomber" avec le denier public quand elles sont sur le point de s'effondrer, pour qu'en retour ces banques refusent d'aider le public qui l'a sauvé, en ne prêtant plus ou alors à des taux exorbitants et à des conditions de plus en plus difficiles, tandis que les cadres qui ont causé leur faillite sont remerciés avec des parachutes dorés mirobolants. 
    Le capitalisme n'est en rien responsable des décisions politiques mafieuses consistant à soumettre les très grandes entreprises à des régimes fiscaux dérisoires tandis que les PME et PMI sont étranglées par des taux d'impositions dépassant les 35%; et il n'a certainement rien à voir avec la création d'un état supranational décidé sans le consentement éclairé des peuples, et malgré les référendums des peuples d'Europe qui s'étaient prononcés contre le Traité de Constitution Européenne.
    Enfin, il n'a jamais consisté à renoncer à la séparation entre les banques d'investissement et les banques de dépôts.  Il n'a jamais consisté à jouer au casino avec l'argent de nos pensions. Etc etc..."


    L'homme en question m'a rappelée maintes fois, pour en fin de compte sortir un article insignifiant, aussi insignifiant que la majorité de ceux qui sont sortis sur cet événement dans les media de masse. Aucunes de nos revendications n'ont été abordées sur le fond.  Mais soit...

    C'était il y a 21 mois.  Depuis lors, il y a eu le mouvement des "z'indi_niais" qui veulent mettre fin au capitalisme, dont ils sont convaincus qu'il est responsable de tous nos maux.

    Lors de la dernière Grande Dépression, c'était la faute des juifs...
    Aujourd'hui, pour ceux qui ont du mal avec le sens des mots, c'est la faute du capitalisme,
    Et pour beaucoup de crétins que j'ai viré de ma liste de contacts Facebook, c'est la faute du capitalisme, et par déduction logique, c'est la faute des juifs puisque dans leur cerveau trop étroit pour un QI à trois chiffres, les deux termes sont interchangeables...

    Depuis le Bankrun, il y a aussi eu la destruction de la Libye par "la communauté internationale" pour aller porter secours au peuple libyen dont on nous a fait croire que le méchant Kadhafi était en train de les bombarder ! (Avec les armes de destruction massives de Saddam, peut-être? Non?) Il y a eu Occupy Wall Street et le scénario Libyen reproduit en Syrie et qui ne doit le retard de nos bombes humanitaires qu'au Veto Russe et Chinois.  Il y a eu la dégradation dramatique de la situation de la Grèce, de l'Espagne, du Portugal, de l'Irlande, de l'Italie, et d'une manière générale, de tous les pays de l'UE.  La formation d'un gouvernement belge après un an et demi de discussions pour retrouver aux commandes du pays, 17 ministres sur 20 qui ne sont pas issus des partis élus. Mais les Belges s'en foutent. Le sujet qui les empêchent de dormir à l'heure où j'écris ces lignes, c'est la libération de Michèle Martin, la femme de Marc Dutroux qui aurait "laissé crever de faim" Julie et Mélissa dont les rapports d'autopsie témoignent pourtant qu'elles sont mortes d'autre chose, mais pendant que la vindicte populaire s'abat sur cette femme, les vrais assassins de ces enfants dorment en paix et fort probablement s'en prennent à d'autres victimes.


    Depuis le Bankrun donc, il y a eu toutes ces absurdités, toutes ces propagandes, tous ces faits divers hallucinants de fusillades, en Norvège, à Liège, à Aurora, à New York...  l'anxiété palpable des gens quant à une fin du monde "annoncée" par le calendrier Maya, un renversement des pôles, une collision avec une planète mystérieuses qui croiserait l'orbite de la Terre tous les x millions d'années ou par les rumeurs persistantes de troisième guerre mondiale. 

    Autant la perspective d'un tsunami géant provoqué par un renversement des pôles ou l'embrasement de notre belle planète lors d'une hypothétique rencontre avec Niburu ou Elenin me laisse de marbre (parce qu'il faudra bien que je parte un jour et que si cela devait être suite à une catastrophe de ce genre, je ne pourrais rien y changer de toute façon), autant celle d'une 3ème guerre mondiale mobilise mon énergie pour combattre les propagandes qui alimentent ce processus.

    Néanmoins, outre les risques d'une guerre mondiale, rien ne m'angoisse plus que de voir ce genre d'illustrations chaque jour sur les réseaux sociaux, les blogs citoyens, les tracts syndicaux:

    FAUT-IL VRAIMENT EN FINIR AVEC LE CAPITALISME ?



    Mais pourquoi diable faudrait-il que le capitalisme s'effondre?   En 2008, Nicolas Sarkozy qui n'était pas à une connerie près, parlait de moraliser le capitalisme !

    Or le capitalisme n'est pas une personne.  C'est un outil.  On ne moralise pas un outil. Un outil sert à construire, éventuellement à détruire quelque chose.  Il ne construit rien ni ne détruit rien sans la volonté de celui qui l'utilise.  Ainsi, selon l'usage que vous en faites, un marteau peut-il servir à construire une maison ou à défoncer le crâne de votre grand-mère dont vous convoitez l'héritage.

    Un porte-plume peut vous faire écrire une déclaration d'amour qui changera le cours de votre vie ou un faux témoignage qui ruinera la vie d'un autre. 

    Ma machine à laver le linge pourrait également servir à noyer mes chats!

    Sous prétexte du mauvais usage que l'ont pourrait faire d'un marteau, d'un porte-plume, d'une machine à laver, faut-il pour autant les abolir?   Faut-il abolir la voiture qui permet à des milliards de gens de gagner leur vie, sous prétexte qu'elle tue des millions de gens tous les ans?  On peut travailler à la rendre plus sûre, moins polluante, certes. Mais faut-il en finir avec elle?


    FAUT-IL VRAIMENT EN FINIR AVEC LE CAPITALISME ?

    FAUT-IL VRAIMENT EN FINIR AVEC LE CAPITALISME ?

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    J'ai commencé cet article en énumérant tout ce que le capitalisme n'est pas.  Mais alors qu'est-ce donc que cet outil dont j'ai si peur que la connerie humaine ne me prive?  

    Et bien cet outil est le seul qui permette à l'homme d'entreprendre un projet, une activité, un commerce, sans devoir dépendre du consentement d'une banque à vous endetter et éventuellement, au passage, à devoir demander à vos parents de mettre leur maison en gage pour que vous puissiez tenter de monter votre affaire. C'est aussi le seul outil qui vous permette de ne pas dépendre du bon vouloir du gouvernement, d'un ministre, contre Dieu sait quelles faveurs personnelles pour cet argent pourtant tout droit sorti de la poche des contribuables.  C'est aussi un outil qui vous permet de ne pas avoir à dépendre de la solidarité légendaire dont les "z'indi_niais" de tout bord sont souvent plus prompts à faire l'éloge que la démonstration.

    Bref, c'est un outil qui permet à des gens qui croient en votre projet, d'investir leurs économies, ou leurs compétences ou leurs moyens logistiques ou biens immobiliers et de partager les bénéfices avec vous si vous en faites. Et si vous vous plantez, ma foi...   ils auront perdu leurs deniers, leur temps, leur énergie. Ils auront toujours gagné une expérience qui leur servira pour un prochain projet, qui sait? 

    Voilà, c'est cela, le capitalisme. Et ce n'est pas comme j'ai pu l'entendre, l'exploitation de l'homme par l'homme. Il y a des patrons qui exploitent leur personnel, c'est vrai.  Et il y a du personnel qui exploite les patrons aussi. J'ai connu les deux cas de figure. Cela n'a rien à voir avec le capitalisme. 

    Ah, me direz-vous, mais la mise en concurence déloyale des travailleurs?  
    Eh bien cela porte un nom également. Cela s'appelle  du dumping social. Et ce fléau pour l'emploi dans les pays où le coût de la vie est élevé trouve aussi bien son origine dans la cupidité sans fin des multinationales que dans l'instinct de survie d'une petite entreprise pour faire face à la concurrence. 

    Est-ce cela le capitalisme?  NON ! 
    Cet outil n'a pas pour dessein de faire du profit à n'importe quel prix.  Y compris au prix de la destruction de la nature, de toute l'économie d'un pays à cause du chômage de masse. Le capitalisme a construit la rue du Commerce.  Et Wall Street l'a détruite. C'est Wall Street qui détruit le capitalisme, et pas le contraire.
    Le capitalisme c'est ce qui a permis aux civilisations de se développer, de prospérer, d'améliorer le niveau de vie des populations et d'accroître leur espérance de vie avant même que cela ne s'appelle "capitalisme".
    Pensez à ce que le commerce du savon a permis de résoudre comme problèmes de santé liés à l'hygiène!  Rien que pour citer cet exemple-là! 

    Or, en se trompant d'ennemi, ceux qui réclament la fin du capitalisme condamnent toute possibilité pour l'honnête homme d'entreprendre ce qui lui tient à coeur, pour le plus grand bien, confort,  soulagement, plaisir etc...  de ses futurs clients si son projet n'est pas soutenu par une autorité au-dessus de la sienne.  C'est ainsi que l'ascenseur social sera définitivement hors service et que la cage d'escalier de secours sera bétonné. 

    Tandis que tout ceux que je connais qui crachent sur le capitalisme essaient d'oublier l'échéance de la fin du monde le 21 décembre de cette année ou les misères de leur pouvoir d'achat en berne, moi j'angoisse parce que je vois se refermer un piège énorme de la part des élites mondialistes.  Celui d'avoir convaincu les masses que le seul outil dont il pouvait disposer pour assurer leur propre liberté était, en fait, la cause de sa misère. Et qu'en réaction, ce même public leurré ne réclame de lui-même qu'on le protège de cet outil par son exact contraire: le communisme. 

    Entendons-nous bien sur un point.  Je suis consciente qu'il existe des gens qui veulent vivre en communauté et en autarcie, en dehors de toute logique marchande.  Et je n'ai aucun problème avec cela.  Je pense que chacun doit vivre les expériences qui lui tiennent à coeur.  Mon problème avec le communisme c'est qu'il s'applique à tous les citoyens concernés par son régime.

    Vous pouvez échapper à Coca-cola, les agriculteurs peuvent choisir de ne plus acheter les semences Monsanto, vous pouvez choisir d'acheter des langes réutilisables plutôt que des Pampers, vous pouvez choisir de ne pas aller chez Disney.   Mais sous régime communiste, vos choix quand ils existent encore deviennent très limités. Vous êtes pris en charge du berceau au cercueil, que cela vous plaise ou non. Et cela est déjà de plus en plus le cas chez nous où l'Etat vous brise les jambes et vous prie de le remercier de mettre des béquilles à votre disposition. Béquilles financées par le travail de ceux qui marchent encore. 

    Et quand je vois qu'aujourd'hui toujours, cela fait rêver du monde... et bien à tout prendre, je préfère encore qu'un renversement de pôle nous nettoie tout cela avec un bon tsunami.

     


     

    FAUT-IL VRAIMENT EN FINIR AVEC LE CAPITALISME ?

     

     

    PS : A lire sur le sujet
    le livre de Howard Bloom sorti en français en avril dernier :

    "Le génie de la Bête: 
    une re-vision radicale du capitalisme"

     

     

     

    Partager via Gmail Delicious Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks

    6 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique